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Pourquoi je quitte Whodunit après 5 ans
5 ans chez Whodunit, une équipe brillante, des projets variés… et pourtant, il est temps de tourner la page. Voici pourquoi.
- Auteurs
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- Nom
- Jeremy Marchandeau
- https://x.com/tweetsbyjey
- Développeur passionné d'IA et de Data at Actuellement freelance
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Table des matières
Pourquoi je quitte Whodunit après 5 ans
Il y a des décisions qui se prennent en quelques secondes. D’autres qui mijotent pendant des années avant qu’on se décide enfin à les assumer. Celle-ci, c’est clairement la deuxième catégorie.
Après cinq ans chez Whodunit — et plus de 13 ans à travailler professionnellement dans l’écosystème WordPress — je tourne la page. Ce n’est pas un abandon. C’est une évolution. Et pour comprendre où je vais, il faut d’abord comprendre d’où je viens.
Ce que Whodunit m’a apporté
Soyons clairs : Whodunit, ce n’est pas une agence comme les autres.
Émilie Lebrun et Nandor Wiener ont construit quelque chose de rare : une boîte pilotée avec vision, bienveillance et un vrai sens des priorités. On ne rencontre pas tous les jours des dirigeants aussi inspirants — des gens qui font confiance à leurs équipes et qui donnent envie de se surpasser.
Et l’équipe en elle-même, parlons-en. Jean-Baptiste Audras, l’un des rares core committers de WordPress au monde, capable d’expliquer le projet open-source avec autant de pédagogie que de passion. Samy Kantary et Bastien Martinent, des développeurs d’une rigueur et d’une compétence que j’admire sincèrement. Rachel Peter, qui tient une organisation complexe avec une efficacité redoutable. Je pourrais continuer la liste — je ne citerai jamais tout le monde, mais chacun sait ce qu’il m’a apporté.
Travailler avec des gens comme eux, ça élève le niveau. Et ça, c’est précieux.
J’ai aussi eu la chance de participer à différents WordCamps, notamment en Suisse et au Portugal. Ces moments de communauté, de rencontres et d’échanges m’ont marqué durablement. L’écosystème WordPress, malgré tout ce que je vais dire ensuite, reste porté par des gens généreux et passionnés.
Ce qui m’a épuisé
Mais voilà. Il y a quelque chose qui coince depuis un moment, et je préfère l’exprimer clairement plutôt que de le taire.
Le modèle agence a fini par m’user.
Et ce n’est pas nouveau : avant Whodunit, j’ai co-fondé et géré une agence web — Tiger & June — pendant six ans. Avant ça, je travaillais chez Color Screen, une petite agence web à Nice. Autrement dit, le monde de l’agence, je le connais depuis le début de ma carrière — de l’intérieur, à tous les niveaux.
Passer d’un projet à l’autre en permanence, s’imprégner rapidement d’une codebase qu’on n’a pas écrite, composer avec des architectures parfois bancales, des page builders d’une autre époque, des sites récupérés avec leur lot de dette technique… Tout ça crée une pression constante. L’impression de toujours devoir aller vite — parfois au détriment de la qualité — c’est quelque chose que j’ai eu de plus en plus de mal à accepter.
Ce n’est pas une critique de Whodunit en particulier. C’est inhérent au métier d’agence. Mais personnellement, je ne m’y retrouvais plus.
Et puis WordPress lui-même a évolué dans une direction qui m’a progressivement décroché. La construction de thèmes est devenue un vrai casse-tête : entre les thèmes classiques, les thèmes blocs, les patterns, les templates en base de données ou dans les fichiers, on s’y perd — développeurs comme utilisateurs finaux. Le projet Full Site Editing ? L’ambition est là, mais le produit reste inachevé. J’ai attendu, j’ai observé, j’ai fini par décrocher.
15 ans que je fais des blogs sous WordPress. 13 ans que c’est mon métier. À un moment, il faut savoir reconnaître qu’on a fait le tour.
Ce qui m’attire ailleurs
Il y a quelque chose d’honnête à reconnaître : j’ai toujours été attiré par les statistiques. La data, ça m’a toujours parlé, même quand je faisais du PHP à longueur de journée.
Et puis l’IA est arrivée dans mon quotidien — pas juste comme un buzzword, mais comme un vrai terrain d’exploration. J’ai découvert la plateforme DeepLearning.ai d’Andrew Ng, et je me suis formé sérieusement : systèmes agentiques, RAG, prompt engineering, avec des outils comme LlamaIndex, CrewAI ou LangGraph. J’ai ensuite suivi et complété le cours Data Analytics sur la même plateforme.
Chaque semaine, j’écoute les nouveaux épisodes du podcast DataGen. Ce domaine m’inspire de plus en plus. Et à un moment, j’ai réalisé que ce n’était plus juste de la curiosité — c’était une direction.
J’ai envie de rejoindre un pure player, dans un domaine autre que WordPress, avec des problématiques nouvelles et un cadre qui permette de creuser les sujets plutôt que d’en survoler en permanence.
Alors, on fait quoi ?
Je me sens prêt à franchir le pas. Pas dans la précipitation, pas en brûlant les ponts — mais avec la conviction que c’est le bon moment pour faire confiance à ce que j’ai appris et à ce que j’ai envie de construire.
Ce blog, Web2Data, est une façon de garder une trace de ce chemin. De documenter les galères, les découvertes, les outils qui m’ont épaté et ceux qui m’ont déçu. Et peut-être d’être utile à d’autres développeurs qui se posent les mêmes questions.
Si vous êtes dans le même cas — un pied dans le web depuis des années, et l’autre qui cherche à atterrir quelque part dans la data ou l’IA — vous êtes exactement au bon endroit.
Suivez-moi à travers ce blog et mes projets perso. On verra bien où ça mène. 🚀