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Remote, et je ne reviendrai pas en arrière
Le télétravail m'a changé la vie — et pas seulement professionnellement. Depuis Tiger & June jusqu'à Whodunit, voici pourquoi le remote est devenu pour moi une condition non négociable.
- Auteurs
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- Nom
- Jeremy Marchandeau
- https://x.com/tweetsbyjey
- Développeur passionné d'IA et de Data at Actuellement freelance
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Table des matières
Il y a des trucs sur lesquels tu reviens facilement. Le remote, non.
Depuis que j’ai commencé à travailler à distance pour de vrai — pas le remote de circonstance imposé par le covid, mais un remote choisi, organisé, réfléchi — je ne me vois plus fonctionner autrement. Et si tu me demandes pourquoi, je peux t’en parler pendant des heures. Mais je vais faire un effort.
L’origine : Tiger & June
J’ai vraiment découvert le remote peu après avoir fondé Tiger & June avec ma femme. On voulait une agence qui tourne bien, sans les lourdeurs d’un bureau à gérer et d’horaires rigides. Et c’est surtout grâce à elle — soyons honnêtes — qu’on a mis en place des process modernes pour l’époque : outils de communication asynchrone, gestion de projet partagée, onboarding pensé pour intégrer rapidement des collaborateurs externes.
Anthony, notre développeur frontend, habitait aussi à Nice. Il faisait beaucoup de sport, et on avait trouvé un arrangement naturel : il travaillait de chez lui plusieurs jours par semaine. Résultat ? Aucune perte de productivité. Plutôt l’inverse, en fait. C’est pourquoi on n’a pas hésité, en 2018, pour embaucher Jennifer, qui habitait à Strasbourg. Elle est venue quelques jours à Nice, pour le onboarding, et autrement travaillait depuis son Alsace natale. Et ça s’est super bien passé.
Nos plus gros clients étaient basés à Marseille et Paris — on ne les voyait quasiment jamais en physique. Et franchement, ça n’a rien changé à la qualité de la relation ni à la confiance qu’ils nous accordaient. Ce qui compte, c’est ce que tu livres et comment tu communiques, pas le nombre d’heures passées dans la même salle de réunion.
Les boîtes américaines : le remote comme norme
Entre 2018 et 2021, j’ai travaillé pour deux boîtes américaines : The Events Calendar et LearnDash. Deux équipes entièrement distribuées, avec des collègues éparpillés aux quatre coins du monde. Pas de bureau central, pas de “siège social” où tout le monde se retrouve le matin.
Et une fois par an, une retreat.
Ces moments-là, je les décrirai toujours avec la même intensité : magiques, inoubliables. Quand tu te retrouves enfin en vrai avec des gens avec qui tu travailles chaque jour mais que tu ne vois jamais, quelque chose de fort se passe. Les liens qui se créent durant ces quelques jours sont d’une densité rare. Ils résistent à tout — aux désaccords, aux changements de poste, au temps. Et ils renforcent la force collective d’une équipe d’une façon que j’ai rarement vue en présentiel.
Whodunit, où j’ai travaillé ensuite, fonctionnait déjà en full remote avant que le covid ne force tout le monde à s’y mettre. Là aussi, les retreats ont été des moments forts. On apprenait à connaître ses collègues autrement, plus en profondeur que si on les côtoyait au quotidien dans un open space.
C’est paradoxal, mais c’est comme ça.
Ce que le remote m’apporte concrètement
Passons aux choses concrètes, parce que “le remote c’est bien” c’est un peu vague.
Optimisation du temps. Plus de trajet. Plus de temps perdu dans les transports, plus d’énergie gaspillée à me déplacer. Ce temps-là, je le réinvestis — dans mon travail, dans ma famille, dans moi.
Moins d’interruptions. En open space ou en bureau partagé, les interruptions impromptues sont une réalité. Une question par-ci, une conversation qui démarre par-là. Je ne dis pas que c’est inutile — parfois c’est même précieux. Mais ça casse le focus à un moment où tu étais pleinement dans ta tâche. Chez moi, je maîtrise mon environnement. Je peux bloquer du temps, entrer dans un état de concentration profonde, et en sortir quand j’ai décidé d’en sortir.
Mieux dans mon corps et dans ma tête. C’est peut-être le point le plus important. Le remote m’a permis de faire du running régulièrement, de jouer de la basse, d’être vraiment présent pour ma famille. Pas en mode “je rentre épuisé à 19h et j’ai plus d’énergie pour rien”. Mais présent, disponible, équilibré.
Tout ça, c’est directement lié à ma productivité et à la qualité de mon travail. Un développeur reposé, qui bouge, qui a une vie en dehors de son écran — c’est un meilleur développeur. Je n’ai aucun doute là-dessus.
Et après ?
Ma recherche d’emploi actuelle — vers la data et l’IA — se concentre sur des boîtes qui recrutent en remote. Ce n’est pas une exigence capricieuse. C’est le fruit de dix ans d’expérience qui m’ont montré que c’est dans ce contexte que je travaille le mieux, que je contribue le mieux, et que je vis le mieux.
Le bon remote ne se décrète pas : il se construit. Avec les bons outils, les bons process, et une culture d’équipe où la confiance remplace le contrôle. Quand tout ça est en place, il n’y a rien de mieux.
Et toi, t’es remote ou pas encore convaincu ?