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WordCamp Nice 2026 : mon retour sur une journée bien remplie

REX sur le WordCamp Nice 2026 : huit conférences, des retrouvailles avec la communauté WordPress, et des sujets qui font réfléchir — de l'IA au backup en passant par la qualité et la relation client.

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Table des matières

Le WordCamp Nice 2026, c’était aujourd’hui. Et c’était bien. Vraiment bien, même. Organisé au Centre des Congrès OcéaNice, l’évènement était remarquablement bien ficelé — chapeau à Valérie Galassi et à toute l’équipe orga pour le boulot.

Côté retrouvailles, c’était un vrai plaisir de revoir des anciens collègues de Whodunit (JB, Marianna, Quentin, Léa, Marine, Nandor, Emilie…), des ex-Whodunit comme Vincent, Béryl et Jason, et des potes rencontrés au fil des WordCamps précédents. Déjeuner et goûter au niveau, ambiance détendue — les ingrédients d’une bonne journée.

Voici mon retour sur les huit conférences auxquelles j’ai assisté.


9h15 — Florian Truchot : Un développeur WordPress augmenté par l’IA, c’est quoi ?

Une ouverture qui tape fort. Florian développe depuis deux ans sans toucher au code. 900+ agents déployés, Claude comme outil principal. Son message est clair et assumé : le métier de dev ne disparaît pas, il mute.

Deux citations qui résument bien son propos :

Votre légitimité ne disparaît pas, elle migre.

L’humain ne code plus. Il valide, arbitre et décide.

Il a évoqué le framework Diátaxis pour structurer la documentation — un outil que je ne connaissais pas et que je vais creuser. L’idée centrale : une bonne doc se découpe en quatre types (tutoriel, guide pratique, explication, référence), chacun répondant à un besoin précis.

Ses slides sont disponibles sur selina.press/wordcamp-nice-2026.

Une conf qui pose des questions inconfortables mais nécessaires. Personnellement, je me retrouve dans ce discours : le dev augmenté par l’IA, c’est exactement ce que j’expérimente en ce moment dans ma reconversion vers la data.


10h15 — Cyrille Coquard : Comment réussir sa stratégie de backup ?

Un sujet moins sexy que l’IA, mais diablement important. Cyrille a structuré sa présentation autour de cinq piliers : intégrité, redondance, gouvernance, sécurité et restauration.

Ce qu’il faut retenir :

  • La règle des 3-2-1 : 3 copies de vos données, sur 2 supports différents, dont 1 hors site.
  • Un backup qui n’a jamais été testé n’est pas un backup. Tester, c’est non-négociable.
  • Ne pas se fier exclusivement aux sauvegardes de l’hébergeur.

Rien de révolutionnaire pour qui suit les bonnes pratiques, mais c’est toujours utile d’avoir un rappel structuré. Et dans les faits, combien de projets tournent sans stratégie de backup sérieuse ? Beaucoup trop.


11h — Elie Sloïm : IA responsable et qualité numérique

Elie Sloïm, fondateur d’Opquast, a livré une conférence sincère et lucide. Déjà le titre annonce la couleur : “Je n’ai aucune idée de ce que je suis en train de faire”. On apprécie la franchise.

Les grandes lignes :

  • L’impact environnemental de l’IA reste une réalité qu’on ne peut pas ignorer.
  • Une IA responsable, c’est d’abord une question d’usages — avant même de parler d’accessibilité, de souveraineté ou de biais.
  • Il a introduit la notion de savoir faire faire : piloter l’IA, pas la subir.

Trois compétences clés selon lui :

  1. Savoir spécifier : dire précisément ce qu’on veut (le vocabulaire compte énormément).
  2. Savoir évaluer : vérifier ce qu’on obtient, ne jamais faire confiance à l’IA aveuglément.
  3. Savoir maîtriser : reprendre le contrôle des outils.

Les outils existent, reprenez le contrôle.

Il a mentionné un MCP Opquast en développement — j’espère en voir plus bientôt.


12h — Jean-Baptiste Couton : Un site WordPress piraté, combien ça coûte ?

Conférence pragmatique sur la gestion de crise post-piratage. Jean-Baptiste a mis l’accent sur l’anticipation via un Plan de Continuité d’Activité (PCA).

Les points clés :

  • Gestion des sauvegardes : ne pas se fier à l’hébergeur, et surtout — encore — tester ses backups.
  • Analyse des logs : maîtriser la lecture des fichiers de log pour identifier le moment précis de l’intrusion. L’IA peut aider sur cette partie.
  • Stratégie de communication : préparer à l’avance des modèles d’emails pour les clients en cas d’incident.

Cette conf complétait bien celle sur les backups vue le matin. Les deux ensemble forment un bon kit de survie pour tout développeur qui gère des sites en production.


14h — Kovann Ly : Objections majeures dans la relation client

Un format original : tirage au sort des objections clients pour alimenter la conférence en live. Malin.

Kovann a cartographié ce qu’il appelle la spirale infernale de la relation client WordPress :

  • Remise → marge détruite
  • Urgence → dette technique
  • Flou → scope creep → conflit
  • IA → commoditisation → guerre des prix

Pour s’en sortir, il propose le framework CADRE :

  • Clarifier
  • Accuser réception
  • Dérisquer
  • Re-proposer

Simple, mémorisable, applicable. Ce genre de conf, ça fait du bien : on parle rarement de la relation client dans les WordCamps, et c’est pourtant ce qui fait ou défait une agence.


15h — Nicolas Rivière : WordPress est-il vraiment mort ?

Le sujet qui fâche — ou qui rassure, selon l’angle. Nicolas a pris le problème par le bon bout : le choix du CMS dépend du besoin, pas de l’habitude.

Il a évoqué le syndrome du marteau de Maslow : quand on ne connaît qu’un outil, tout ressemble à un clou. En 2026, les options sont nombreuses — CMS open source, no-code/SaaS, dev custom, IA — et aucune n’est universellement supérieure.

Sa conclusion est nuancée : WordPress reste un allié puissant, mais ne doit plus être le choix par défaut. Il faut poser les bonnes questions avant de dégainer le thème Enfant.

Un discours que j’endosse complètement. Et qui résonne différemment quand on est en train de se reconvertir vers la data : le bon outil pour le bon besoin, c’est une philosophie qui vaut partout.


16h15 — Pierre Lannoy : Rendre WordPress observable. Enfin !

Une conférence plus technique, sur un sujet qu’on aborde rarement : l’observabilité d’un site WordPress.

Pierre a distingué quatre typologies d’observation :

  • Événements
  • Métriques
  • Traces
  • Auxiliaires

Trois outils présentés :

  • WP Activity Log : simple, peu extensible.
  • Query Monitor : outil d’introspection, extensible, que j’utilise déjà régulièrement.
  • Decalog : un plugin de logging avancé pour WordPress que Pierre avait déjà présenté lors d’un Meetup WordPress à Nice il y a quelques années — ça faisait plaisir de le retrouver ici dans un format plus approfondi.

Le sujet m’a parlé directement : en analytics engineering, l’observabilité des pipelines de données est un enjeu central. Retrouver les mêmes problématiques côté WordPress, c’est satisfaisant.


17h15 — Antoine Bouchet : Posture Qualité — l’art de livrer des sites WordPress irréprochables

Une belle conclusion de journée. Antoine a abordé le testing web avec une approche méthodologique claire et actionnable.

Son kit de survie :

  • Testez des parcours, pas des pages.
  • Documentez vos parcours de test.
  • Hiérarchisez : tout ne mérite pas le même niveau d’attention.

Il a aussi insisté sur les outils de cross-browser testing, souvent négligés.

Et surtout, il a défendu l’idée que la qualité est un investissement rentable :

Investir dans la qualité n’est pas un luxe, c’est une stratégie financière.

Économie de coûts, gain de temps, et — j’aime beaucoup cette formule — paix intérieure. Les slides sont dispo sur qanary.dev.


Bilan

Ce WordCamp Nice 2026 laisse une belle impression. Huit conférences cohérentes, des sujets qui font écho à l’actualité du secteur (IA, qualité, sécurité, relation client), et une organisation sans accroc.

Ce qui ressort le plus de cette journée : l’IA est partout dans les esprits, mais les intervenants les plus convaincants sont ceux qui l’abordent avec nuance — ni panique, ni excitation aveugle. Florian qui valide plutôt que de coder, Elie qui appelle à reprendre le contrôle, Nicolas qui remet WordPress à sa juste place. C’est cette posture-là qui me semble juste.

La communauté WordPress reste vivante, curieuse, et accueillante. Et ça, ça n’a pas de prix.

À la prochaine.

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