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Permission Marketing et Inbound : les livres qui m'ont réconcilié avec le marketing (un peu)
Au début de Tiger & June, j'ai lu deux livres de marketing pour combler mes lacunes commerciales : Permission Marketing de Seth Godin et L'Inbound Marketing de Gabriel Szapiro. Voici ce que j'en retiens — et pourquoi je regrette de ne pas être allé plus loin.
- Auteurs
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- Nom
- Jeremy Marchandeau
- https://x.com/tweetsbyjey
- Développeur passionné d'IA et de Data at Actuellement freelance
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Table des matières
Je ne suis pas un commercial. Je l’ai su très tôt. L’idée de démarcher des gens par téléphone, de pitcher à froid, de relancer à coups d’emails insistants… très peu pour moi. Alors quand on a lancé Tiger & June avec Hine, j’ai vite réalisé qu’il fallait quand même trouver des clients. Et que ça n’allait pas se faire tout seul.
Face à ce mur, j’ai fait ce que fait n’importe quel développeur : j’ai cherché de la documentation. En l’occurrence, deux livres.
Permission Marketing – Seth Godin
Seth Godin publie Permission Marketing en 1999. Le livre est vieux, mais l’idée centrale reste d’une redoutable pertinence : arrêtez d’interrompre les gens, demandez-leur la permission de leur parler.
Godin oppose deux approches. D’un côté, l’interruption marketing — la pub télé qui coupe ton film, le cold call qui te dérange en plein déjeuner, le flyer qu’on t’impose dans la main. De l’autre, le permission marketing — tu crées quelque chose d’assez intéressant pour que les gens veuillent te suivre, s’abonner, revenir. Tu construis une relation avant de vendre quoi que ce soit.
Ce qui m’a frappé en lisant ce livre, c’est à quel point cette logique s’applique naturellement au web. Un article de blog utile, un guide pratique, une newsletter qui apporte de la valeur — c’est du permission marketing. Les gens opt-in. Ils choisissent de t’écouter.
Le piège, que Godin pointe bien, c’est de confondre l’attention et l’intérêt. Ce n’est pas parce qu’on t’a donné sa permission une fois que tu peux abuser de la relation. Le capital de confiance se construit lentement et se dilapide vite.
Ce livre m’a donné une grille de lecture que j’utilise encore aujourd’hui — notamment quand je pense à la façon dont je veux développer Web2Data. Je veux que les gens viennent ici parce que ce que j’écris leur est utile, pas parce que j’ai payé pour apparaître dans leur feed.
L’Inbound Marketing – Gabriel Szapiro
Le livre de Gabriel Szapiro est plus récent et plus centré sur les outils concrets : SEO, contenu, réseaux sociaux, lead nurturing. L’inbound reprend l’idée de Godin et la structure en méthodologie : attirer, convertir, conclure, fidéliser.
La promesse : au lieu de courir après les clients, tu crées les conditions pour qu’ils viennent à toi. Tu publies du contenu qui répond à leurs questions, tu te positionnes sur les bons mots-clés, tu construis une présence qui inspire confiance. Et progressivement, les gens qui cherchent ce que tu fais te trouvent — naturellement.
Ce qui m’a parlé dans cette approche, c’est le storytelling. L’idée que ta marque a une histoire à raconter, et que cette histoire peut créer de la connexion avec des gens qui partagent les mêmes valeurs. C’est moins clinique que le SEO pur, moins intrusif que la pub.
Ce que j’ai tenté de mettre en pratique
Armé de ces deux bouquins, j’ai essayé d’appliquer quelques concepts chez Tiger & June. On a créé du contenu — articles de blog, posts sur les réseaux — en cherchant à partager ce qu’on faisait, comment on travaillait, pourquoi on faisait les choses d’une certaine façon.
L’idée était claire : montrer notre approche, notre manière de penser un projet web, attirer des clients qui résonnaient avec ça plutôt que de faire de la chasse à froid.
Est-ce que ça a fonctionné ? Partiellement. On a eu quelques contacts qui venaient directement du contenu qu’on produisait. Mais honnêtement, je n’ai jamais été assez régulier ni assez stratégique pour en faire un vrai levier. L’inbound, ça demande de la constance. Publier un article tous les deux mois et poster de temps en temps sur Instagram, c’est pas vraiment une stratégie.
Ce que je regrette
Mon regret principal, c’est de ne pas être allé plus loin dans la démarche. J’avais les outils conceptuels. J’avais même, quelque part, les compétences techniques pour mettre ça en place. Mais entre comprendre une idée et l’appliquer de façon cohérente sur le long terme, il y a un gouffre que je n’ai pas réussi à franchir.
Le contenu que j’aurais dû produire régulièrement pour Tiger & June, je le produis maintenant pour Web2Data. Avec un peu de recul, je me dis que c’est peut-être là que ça devait atterrir — dans un projet qui correspond vraiment à ce que j’ai envie de raconter.
Godin dit quelque chose dans Permission Marketing qui résonne encore : l’attention est une ressource rare. Si quelqu’un te la donne, c’est un cadeau. Ne le gâche pas.
Je tâche de ne pas l’oublier.