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Mon troisième marathon : Barcelone, 15 mars 2026
Prépa bâclée, burn-out en janvier, flasks oubliées à Nice — et pourtant, objectif atteint : 4h12. Retour sur le marathon de Barcelone avec la team Nice Runners, et les pistes pour passer sous les 4h.
- Auteurs
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- Nom
- Jeremy Marchandeau
- https://x.com/tweetsbyjey
- Développeur passionné d'IA et de Data at Actuellement freelance
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Table des matières
Dimanche 15 mars 2026. Barcelone Marathon. Départ à 9h50, dix degrés, vent soutenu, grand soleil. Temps final : 4h12.
Objectif atteint. Et honnêtement, vu la prépa que j’avais eu, je signe sans hésiter.
La prépa : bricolage assumé
Commençons par le moins glorieux. Vacances en Australie pour Noël — quelques sorties tranquilles, rien de structuré. Retour en janvier, et immédiatement : burn-out. Beaucoup de pression, beaucoup de stress, pas grand chose à raconter sur le plan de l’entraînement. Une semaine à la montagne en Savoie, vivifiante, mais sans une seule foulée.
Ma sortie la plus longue de janvier : 18 km, le 11. C’est tout.
La prépa sérieuse a donc commencé début février — soit 6 semaines avant le marathon. Du fractionné, des séances au seuil, et deux sorties longues (17 km le 15 février, 18 km le 1er mars). C’est maigre, et je le savais.
Ce qui m’a redonné confiance, c’est le semi de Cannes, le 22 février. J’y ai testé une stratégie de split négatif : les 10 premiers km entre 5min00 et 5min09, les 11 derniers entre 4min43 et 4min55. Résultat : 1h44m45s, nouveau record personnel sur semi — sans avoir cherché à tout prix le chrono. Ça change tout mentalement quand tu dois courir le double 3 semaines plus tard.
Le weekend barcelonais
On avait organisé le truc en équipe : un Airbnb pour 10 personnes avec la team Nice Runners, proche de la Sagrada Familia. Ambiance festive, chaleureuse, bordélique comme il se doit — et logiquement, les nuits ont été plutôt courtes.
Le samedi, pluie battante. Breakfast run annulé. Récupération des dossards, visite du village marathon. C’est là que j’ai craqué pour une paire de chaussettes hautes à compression, à l’effigie d’un boston terrier. North, mon chien, en image sur mes mollets pour 42 km. Je connais la maxime “never try something new on a race”, mais là c’était clairement un upgrade — et j’avais besoin de ce porte-bonheur.
J’avais aussi oublié mes deux petites flasks à Nice. Donc pas de ceinture de trail, pas d’écouteurs, juste un short avec deux barres énergisantes et mon iPhone. Le minimum syndical. Autant être léger puisqu’il fallait compter sur les ravitaillements.
Le matin avant le départ, dans la cuisine de l’Airbnb : c’était comme un vestiaire avant un match de rugby. Chacun se prépare dans son coin, la tension monte, les derniers échanges sur la stratégie et le matériel. Certains concentrés, d’autres détendus. Moi, quelque part entre les deux.
La course
Contrairement au samedi, le dimanche était magnifique. Environ 16-17 degrés dans la deuxième moitié de course, vent encore présent, mais un soleil constant et un parcours à travers Barcelone difficile à bouder.
Stratégie : split négatif, avec un maximum de 6min10 et un minimum de 5min50, calculé km par km par l’appli Garmin. Objectif cible : 4h13, soit 6min/km.
Les 20 premiers km, je suis resté une dizaine de secondes sous le plan prévu. Je le savais, je le gérais. Je me suis dit que la première moitié serait un échauffement prolongé, et que ma vraie course commencerait au K21. Après une courte pause pipi, j’ai accéléré : environ 5min40/km, avec une pointe à 5min31 au K27.
K29 : premiers signaux. Raideur dans les mollets, débuts de crampes. J’ai réduit au K30, je suis repassé vers 5min50. La sagesse du coureur expérimenté — enfin, relativement.
Les 4 derniers km ont été durs. Souffle et cardio OK, mais les jambes en avaient clairement eu assez. 6min20 au K39, 6min06 au K40, 6min24 au K41, 6min27 au K42. La dégringolade classique de fin de marathon. Mais j’ai franchi la ligne en 4h12, ce qui correspondait à mon objectif. Satisfait.
Après : bières, pizza et troisième mi-temps
Bar Lleida, près de l’Arc de Triomf. Plusieurs bières, une pizza, toute l’équipe Nice Runners présente à Barcelone. Certains partent plus tôt, d’autres nous rejoignent. On refait la course, on se raconte des anecdotes, on se marre. Et inévitablement, on commence déjà à parler du prochain marathon.
Comme une troisième mi-temps de rugby. Ces moments-là font autant partie de l’expérience marathon que les kilomètres eux-mêmes.
Ce que ces trois marathons m’ont appris
Nice-Cannes 2024 : apprendre à souffrir et terminer, coûte que coûte. Résultat : 4h52.
Amsterdam 2025 : apprendre à gérer l’allure et ne pas marcher. Résultat : 4h21.
Barcelone 2026 : apprendre à courir un split négatif sur 42 km avec une prépa imparfaite. Résultat : 4h12.
La progression est réelle. Et chaque fois, c’est le même schéma : une prépa qui pourrait être meilleure, une course qui se passe quand même, des leçons à tirer. La machine s’améliore, lentement mais sûrement.
Prochain objectif : passer sous les 4h
Pour y arriver, la liste est claire :
- Augmenter le volume : au moins deux sorties longues de 24 km ou plus
- Hydratation autonome : investir dans un camel pack — dépendre des ravitaillements, c’est prendre des risques inutiles (bousculades, perte de rythme, gel des jambes à l’arrêt)
- Changer les Brooks : elles approchent les 1400 km. C’est l’heure.
- Affiner le split négatif : plutôt qu’un changement d’allure tous les km, définir 3 phases de 14 km avec des objectifs fixes — 5min50, 5min40, 5min30 — et les tenir à la seconde près
- Travailler la fin de course : les 4 derniers km restent mon talon d’Achille sur les trois marathons. Entraînements spécifiques et préparation mentale à prévoir
Le prochain rendez-vous n’est pas encore fixé. Mais il viendra. Et là, le chrono passe sous les 4h.