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Comment le running et la data ont littéralement transformé ma vie
Du Cửu-Long Võ-Đạo aux marathons en passant par une vésicule biliaire capricieuse — voici comment j'ai découvert que courir et analyser ses données pouvaient changer une vie. La mienne, en tout cas.
- Auteurs
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- Nom
- Jeremy Marchandeau
- https://x.com/tweetsbyjey
- Développeur passionné d'IA et de Data at Actuellement freelance
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Table des matières
- Avant le running : un art martial, puis le vide
- 2022 : les débuts douloureux
- Fin 2023 : le déclic médical
- Janvier 2024 : le premier vrai chrono
- Octobre 2024 : la montre qui a tout changé
- Novembre 2024 : la leçon du premier marathon
- 2025 : la gamification de ma vie
- Ce que la data m’a vraiment apporté
- Et la vésicule biliaire dans tout ça ?
- En guise de conclusion
Cet article n’a rien à voir avec SQL, les LLMs ou dbt. Pas de pipeline de données, pas de requête complexe. Juste une histoire de baskets, de chiffres, et d’une vie qui a pris un tournant inattendu.
Avant le running : un art martial, puis le vide
Pendant trois ans, j’ai pratiqué le Cửu-Long Võ-Đạo, un art martial vietnamien. J’aimais ça sincèrement — la discipline, la progression, le fait de travailler à la fois le corps et l’esprit. Et puis le Covid est arrivé. Les confinements successifs ont tout mis en pause. Quand les cours ont repris, je n’avais plus la foi. C’était fini.
Il me fallait trouver autre chose. Quelque chose de flexible, peu contraignant, compatible avec un mode de vie remote. Le running s’est imposé naturellement : une paire de chaussures, la rue, et c’est parti. Pas besoin de salle, pas d’horaire fixe, pas de dépendance à un groupe pour simplement sortir courir.
2022 : les débuts douloureux
Début 2022, je me suis donc mis à courir. Et franchement, c’était nul.
Condition physique en berne, léger surpoids, et une motivation qui s’évaporait au bout de 2-3 km. Je partais de chez moi, je souffrais, je faisais demi-tour. Ce n’était pas glorieux. En avril, par défi (ou par masochisme, les deux sans doute), je me suis inscrit à une course de 5 km non chronométrée. J’ai failli ne pas voir la ligne d’arrivée. J’ai terminé en 32 minutes, soit 6 min 24 sec par km, à bout de souffle, les jambes en compote.
C’est à ce moment-là que j’ai rejoint Les Nice Runners, un groupe trouvé sur Meetup. Une douzaine de personnes au printemps, parfois seulement 3 ou 4 l’hiver sous la pluie. Mais ce groupe m’a apporté quelque chose d’essentiel : un engagement moral. Deux sorties par semaine, des gens qui m’attendaient. J’ai progressé, j’ai pris du plaisir. Mais je continuais à boire trop de bières, manger trop de cochonneries, et courir surtout pour me donner bonne conscience. Le genre de running qui ne sert pas à grand-chose, mais qui permet de se sentir vertueux le temps d’une sortie.
Fin 2023 : le déclic médical
Tout a changé à l’automne 2023, et pas de la façon dont j’aurais imaginé.
Des douleurs abdominales intenses m’ont conduit chez le médecin. Bilan : calculs de la vésicule biliaire. Verdict du médecin : trop de gras, trop de sucre, trop d’alcool. Et sa recommandation : l’opération.
L’opération. Non, merci. Je ne suis pas du genre à foncer au bloc opératoire sans explorer les alternatives. Alors je me suis posé la question simple : et si je commençais par revoir mon hygiène de vie ?
Du jour au lendemain, j’ai arrêté l’alcool en semaine. Plus de bière après le boulot, plus de verre de vin au dîner. J’ai arrêté le sucre dans mon café. Et je me suis mis à courir vraiment sérieusement.
Janvier 2024 : le premier vrai chrono
Quelques semaines d’entraînement intense plus tard, je m’aligne sur la Prom Classic, le 10 km emblématique de Nice.
Mon objectif secret — que je n’osais pas vraiment formuler — c’était de passer sous les 50 minutes. Un chrono qui me semblait presque hors de portée à l’époque.
Résultat : 49 min 33 sec. 4 min 57 sec par km.
Je me souviens encore de ce moment. La satisfaction, la surprise, la confiance qui remonte d’un coup. Cette course a été un tournant. J’ai commencé à courir plus régulièrement, à tisser de vraies amitiés chez les Nice Runners, et surtout à me prendre au jeu.
Octobre 2024 : la montre qui a tout changé
Ma femme, qui porte un bracelet Garmin depuis un moment, m’a dit un soir : “Toi qui aimes le sport et les données, pourquoi tu n’achèterais pas une montre connectée ?”
L’idée ne m’avait jamais traversé l’esprit. Ça faisait plus de 20 ans que je ne portais pas de montre. Mais le lendemain, dans le groupe WhatsApp des Nice Runners, une personne revendait une Garmin Forerunner 255 toute neuve à prix cassé (un cadeau, elle en avait déjà une). Je n’ai pas hésité une seconde.
Le lendemain, j’avais la montre au poignet.
Et là… tout a basculé.
Je ne me sépare jamais de cette montre. Je dors avec. Je suis devenu accro à ses données : VO2 max, fréquence cardiaque, qualité du sommeil, respiration, charge d’entraînement, temps de récupération… Tout est là, en permanence, consultable, comparable, analysable. Pour quelqu’un qui est en train de se reconvertir dans la data, c’était une évidence que je n’avais pas vue venir.
Novembre 2024 : la leçon du premier marathon
Dans un élan d’euphorie — je dirais même d’arrogance — je m’étais inscrit au marathon Nice-Cannes de novembre 2024. Sans vraiment me préparer. Sans jamais avoir couru plus de 21 km dans ma vie.
J’ai explosé peu après le 21e km, comme prévu. J’ai terminé en marchant une bonne partie, après 4h52 de souffrance, mal équipé (des chaussures de trail sur du bitume — autant dire les pieds en feu). Mais j’ai terminé. Et cette expérience m’a appris quelque chose d’important : la data ne remplace pas la préparation. Elle l’accompagne.
2025 : la gamification de ma vie
À Noël 2024, je me suis offert une paire de Brooks Adrenaline 24 GTS. Fin de l’ère chaussures de trail sur route.
Depuis, les courses s’enchaînent, et les records personnels tombent les uns après les autres :
- Prom Classic 2025 : 43 min 48 sec (4 min 23 sec/km)
- Semi-marathon de Paris : 1h 46 min 26 sec (5 min 03 sec/km)
- 20 km de Bruxelles : 1h 37 min 12 sec (4 min 52 sec/km)
- Marathon d’Amsterdam : 30 minutes de mieux que Nice-Cannes (cf article dédié)
- Semi-marathon 2026 : 1h 44 min 45 sec — nouveau record personnel
Et en ce moment, je prépare le marathon de Barcelone le 15 mars.
Ce qui a changé, c’est ma façon de m’entraîner. L’appli Garmin me propose des séances ciblées en fonction de mes données et de mes objectifs : endurance fondamentale, seuil, fractionnés. Je cours seul 2 à 3 fois par semaine, dans un stade d’athlétisme, le long de la Prom, sur les collines derrière chez moi. Je varie les plaisirs et les intensités. Je rejoins les Nice Runners une fois par semaine pour le côté social et la dynamique de groupe.
Garmin a littéralement gamifié ma vie. J’ai des badges, des objectifs, des courbes qui montent. Et comme avec n’importe quel bon dashboard, une fois qu’on y goûte, on veut l’optimiser.
Ce que la data m’a vraiment apporté
Au-delà des chronos, voilà ce que cette approche data-driven du running m’a permis de comprendre :
- Le sommeil est aussi important que l’entraînement. Garmin me le rappelle chaque matin avec son score de récupération.
- Courir moins vite permet souvent de progresser plus vite. L’endurance fondamentale, c’est ennuyeux, mais les données ne mentent pas.
- Les pics de fréquence cardiaque ne s’improvisent pas. Les séances de fractionné, c’est douloureux mais terriblement efficace quand elles sont bien dosées.
- La progression est visible. Et cette visibilité, c’est du carburant. Je ne cours pas contre les autres. Je cours contre mes propres données d’il y a 6 mois.
Et la vésicule biliaire dans tout ça ?
Je n’ai plus ressenti la moindre douleur depuis cet automne 2023.
Je ne dis pas que courir guérit les calculs biliaires — je ne suis pas médecin. Mais changer d’hygiène de vie, réduire l’alcool, manger mieux, bouger davantage : ça a clairement changé quelque chose. Mon corps me le dit chaque matin quand je regarde mon score de récupération Garmin.
En guise de conclusion
Cet article est un peu hors sujet pour un blog tech sur la data et l’IA. Ou peut-être pas tant que ça. Parce que finalement, ce que j’ai découvert avec le running, c’est que la data ne sert à rien si elle ne transforme pas des comportements. C’est exactement ce qu’on cherche à faire quand on construit des dashboards ou des pipelines analytiques : aider les gens à prendre de meilleures décisions.
Garmin m’a aidé à prendre de meilleures décisions sur ma santé. Et ça, c’est le meilleur use case data que j’aie jamais rencontré.
Bon, je dois vous laisser — ma montre vient de me rappeler que j’ai un entraînement ce matin. 🏃